vendredi, octobre 07, 2005

Bambata, notre envoyé spécial du site http://seriebambata-bd.htmlplanet.com/ décide d’interviewer au plus vite son auteur. En effet, C. Marty semble e

Bambata, notre envoyé spécial du site http://seriebambata-bd.htmlplanet.com/ décide d’interviewer au plus vite son auteur. En effet, C. Marty semble en phase « off » : les crayons lui tombent des doigts et ses pieds traînent lamentablement le sol. Fatigue, stress de la rentrée, déprime automnale..?

Bambata : Alors quoi de neuf ?
C. Marty : Ben rien du tout justement ! Je suis en période de « creux de la vague » ! Je reçois constamment des mails de pubs ou des commentaires dont les sujets mercantiles concernent des pilules miracles ou des logiciels formidables (mais aucun ne fait la vaisselle ni ne passe l’aspirateur ! Chiotte ! )... A croire qu’il n’y a plus que ça sur le web !
Bambata : Je suis au moins là, moi !
C. Marty : Pathétique...
Bambata : Tu ne dessines plus ?
C. Marty : Ben non. Sauf pour les amis. J’essaie bien de penser à des trucs... et je pense à des trucs ! Mais j’suis vraiment fatiguée. Je gribouille à peine et je ne finis jamais rien. Pour le moment, je me consacre à mon métier de prof et à mes élèves, c’est important ça aussi. Pour le « coup de poignet », j’attends que ça revienne tout seul. Je pense qu’il ne faut rien brusquer. Ca reviendra bien... Tôt ou tard, mais ça reviendra bien.
Bambata : Et ma suite qui est prévue sur le site http://bdbambata-tome2.freehosting.net/ ? Tu laisses aussi... tomber ?! Tu me laisse tomber, alors ?!
C. Marty : Pleure pas ! J’ai quelques planches sous le coude, je vais les distiller mais à rythme plus lent. Dernièrement, j’ai eu droit qu’à un seul retour : de la part d’un ami. En attendant, je regarde un peu les jeunes qui se lancent en « free style » sur le net : il y a des choses bien marrantes et intéressantes... certains sont plutôt des blagueurs, mais d’autres ont un coup de crayon « génialissime » mais non remarqué par qui que ce soit.
Bambata : Bref c’est la crise. Je vais avertir le lézard qu’on va devoir se serrer la ceinture car on va stagner tous les deux un moment...
C. Marty : Mais non, pas besoin de vous serrer la ceinture... De toute façon, le ventre que vous avez, c’est moi qui vous le fait ! Je me pose et j’attends un peu... Quand j’aurais du temps libre, je rechercherai une méthode qui me donnera le « déclic ». Finalement, je me suis toujours fixée sur le dessin, mais je peins aussi. Plutôt que d’associer les deux en BD basique ( le trait à l’encre et la mise en couleur ) pourquoi ne pas partir directement dans la peinture ? J’ai lu un article du grand Rosinski (« Thorgal »...) qui abandonne l’encrage. Il a raison : le crayonné est plus vivant, il peut être plus doux, plus vivace, plus nerveux... On perd tout en passant l’encre. Même en faisant des pleins et des déliés académiques ! Même à la plume en martyrisant le papier, le dessin est beaucoup plus froid. De toute façon c’est une « seconde main », un « second traitement », ça perd toute la spontanéité... La peinture peut rendre des effets visuels et des gargouillis dans les tripes, quand c’est bien fait, qu’aucune colorisation à l’ordi ne peut rendre ! Bref, je réfléchis, je pense, j’attends d’avoir le temps, de retrouver l’énergie pour essayer, dans mon coin, et retravailler... et, qui sait, développer un de mes autres styles, tout à fait différent. Mais tu resteras toujours mon « Bambatounet » de cœur !
Bambata : Alors, il faut attendre...
C. Marty : Attendre... être patient... savoir rester un peu petit, pour devenir un peu plus grand, et plus sûrement...

dimanche, juin 19, 2005

Retour de dédicaces à Chambéry :

Bambata, envoyé spécial du site http://seriebambata-bd.htmlplanet.com/

Bambata : Alors, ce retour de dédicaces?
C.Marty : Ca s'est plutôt bien passé. Le temps était magnifique, mais des mordus de librairies étaient bien présents !
Bambata : Des contacts ?
C.Marty : Oui, avec des curieux qui aiment bien découvrir les nouveautés. Ca rassure de savoir qu'il existe toujous ce genre de personnes... Mais plutôt timides.
Bambata : De belles dédicaces ?
C.Marty : Ah oui, je les ai "chiadées" ! Quand on a le temps, c'est important. Ces gens vous font confiance, se lancent et vont lire votre BD, on se doit de les remercier. Je l'ai compris dernièrement...
Bambata : D'autres contacts ?
C.Marty : Avec des professionnels de l'information, oui. En tout cas, c'est rassurant de voir que le petit tas d'album de la table disparait peu à peu !
Bambata : Tu étais toute seule ?
C.Marty : Oui, je pense que c'est d'ailleurs enviable quand on débute. On apprend moins professionnellement parlant puisqu'on a aucun contact avec un autre dessinateur ou scénariste, mais les gens sont plus curieux et viennent vous voir, sans se diriger directement vers le nom le plus connu.
Bambata : Un dernier mot ?
C.Marty : Oui, merci à tous ceux qui sont venus me voir hier !
Bambata : A bientôt !
C.Marty : A bientôt, Bambata.

lundi, juin 06, 2005

Retour de dédicaces à Lyon

Bambata, envoyé spécial de « http://seriebambata-bd.htmlplanet.com/ ». Après la séance de dédicaces de Lyon le 04 juin 2005, Bambata décide d'interviewer son auteur :

Bambata : Bonjour ! Alors cette séance de dédicaces à Lyon, ça s'est passé comment ?
C. Marty : Vraiment pas mal. Bon, j'étais à côté de "ténors" de la BD, donc ça a été difficile de voir les files des autres s'allonger sans arrêt ! Mais c'est surtout le contact avec les dessinateurs qui a été très agréable, surtout un...
Bambata : Ah ? Et qui ?
C. Marty : André Amouriq, le dessinateur de la série "L'auto-école". C'est quelqu'un de vraiment gentil. Il m'a donné des conseils et surtout il a passé le temps avec moi puisque le gros succès de cette journée concernait surtout Ciro Tota et la nouvelle série sur Troy. Bref, ça a été très enrichissant. Et puis voir quelqu'un maîtriser le crayon et le feutre comme ça..! Quant à ceux qui se sont fait dédicacer quelques "Bambata", c'était des gens curieux, très agréables. Je pense à un fan de Bd en particulier qui se reconnaitra puisqu'il a passé toute l'après midi avec André Amouriq et moi ! Un grand merci à lui.
Bambata : Alors, heureuse ?!
C. Marty : En tout cas pas trop déçue. J'ai déjà connu des journées de ce type qui avaient mal tourné... Mais là, le temps est passé assez vite. Même Ciro Tota, quand il a pu souffler, m'a dit deux mots gentils. C'est revitalisant ! Bref, je suis rentrée pleine de critiques sur moi-même en tête (car on ne peut pas s'empêcher de se comparer aux autres dans ces cas là !) mais avec une vraie volonté d'apprendre et de dessiner encore et encore !
Bambata : Tu es rentrée avec les coordonnées de quelqu'un ?
C. Marty : Pour le travail ! Seulement pour le travail ! En fait, "on" a pris les miennes pour un festival l'an prochain...
Bambata : Bon, on se retrouve après ta séance à Decitre-Chambéry ? Le 18 juin, c'est ça ?
C. Marty : C'est ça. Je te confierai mon humeur du moment !
Bambata : C'est entendu.

samedi, mai 07, 2005

BAMBATA'S BLOG : le blog où le personnage recueille les paroles de son auteur


Bambata, envoye spécial de « http://seriebambata-bd.htmlplanet.com/ », en direct d’une jolie ville savoyarde, sur la terrasse d’un cafe sature de monde :

Bambata - Bonjour, desole pour le retard, mais j’ai eu du mal a garer mon elephant. Pas facile de se reperer !
C. Marty - Bonjour, y’a pas de mal.
B - Bien, en vue du site sur moi et mon lezarounet adore, je tenais a vous poser quelques questions pour aider les internautes a mieux vous connaitre.
C.M - Avec plaisir. Au fait, bravo : vous vous etes mis a la langue francaise a ce que je vois !
B - En fait c’est Joni qui m’a passe un traducteur electronique. Mais comme je ne savais pas ce que c’etait, je l’ai avale ! Bref, je vais parler francais jusqu’a ce que les piles soient mortes... Heu, boire ? Oui... Un jus d’ananas, merci. Bon, Mme Marty, on y va ?
C.M - Allons-y.
B - Bien. D’abord, quand est nee cette passion pour le recit graphique ?
C.M - Il n’y a pas d’epoque particuliere. Je suis issue d’une famille peu nombreuse et ma seule sœur avait douze ans d’ecart avec moi. J’ai donc appris a me distraire seule, en me racontant des histoires et en dessinant bien sagement dans mon coin. J’ai toujours dessine. J’ai commence a le faire de maniere presque acharnee a mon adolescence ou je cherchais a me depasser... J’en ai bave sur des livres du corps humain, croyez-moi ! Bref, j’ai travaille sur le dessin et le recit grace a de tres bons bouquins empruntes dans les bibliotheques ou achetes. Mes amis etaient tres curieux de tout ce que je faisais et ca m’a beaucoup aide. N’en deplaise a certains, je n’ai jamais fais d’ecole specialisee, mais j’ai ete en contact avec des profs d’arts plastiques et des amis, fans de mangas entre autres, qui m’ont beaucoup appris. Et puis ma formation de prof d’histoire-geographie et de prof de francais m’ont pas mal servi dans l’elaboration d’un recit graphique.
B - Vous ne vouliez pas etre prof de dessin ?
C.M - A mon epoque (et pourtant je ne suis pas vieille !), je ne tenais pas a ce que mes parents paient trop de leur poche pour me payer une poursuite d’etude hors de prix, et un petit boulot n’y aurait pas suffi. Il n’existait pas toutes ces ecoles qui se font aujourd’hui concurrence et qui deviennent tres abordables. Il fallait monter sur Paris, passer par les beaux-arts ou bien aller carrement en Belgique pour la bande dessinee. Je voulais une poursuite d’etude qui me convienne et soit supportable financierement mais surtout qui m’amene a un boulot ou je serais en contact constant avec les jeunes. Le metier de prof en lycee permet cela, meme si en effet je ne dessine que chez moi alors que j’aimerais partager cette passion avec eux !
B - Si ce n’est pas trop indiscret, quel age avez-vous ?
C.M - 27 ans.
B - Comment est ne Bambata (enfin, moi, quoi !) ?
C.M - Bambata (donc toi !) est ne d’abord d’un dessin fait a la maison sur une musique de monsieur Nhoa ! J’aimais bien l’ambiance et je me suis mise a dessiner des danseurs africains tres sympathiques et tres dynamiques. J’ai ensuite utilise le meme type de personnage en mettant en opposition couleurs et innocence (ce personnage atypique et souriant accompagne d’un animal de compagnie hors du commun, sorte d’iguane vert fluo) avec l’absence de couleur et la froideur (decors de ville grise ou meme les pietons ne sont que des ombres noires).
B - Et apres, la BD ?
C.M - Non. Ce dessin est reste dormir dans un carton pendant un long moment. Je l’avais presque oublie. Je passais mon concours pour etre prof, j’etais sressee et sure de rien, car un concours n’est jamais simple ! Bref, j’envisageais meme d’avoir quelques soucis a venir si je n’y arrivais pas ! J’ai donc fais quelques petites choses pour des cartes postales et pour me mettre un peu d’argent de cote tout en gardant le maximum de temps pour etudier mon concours. Et un jour, dans une librairie, j’ai croise le bouquin sur le Dahu, edite par les Editions du Mont. J’ai vu que cette maison d’edition se trouvait a Annemasse (a l’epoque), ce n’etait pas tres loin de chez moi. J’ai envoye un dossier de quelques dessins, un peu maladroitement, sans trop y croire. Puis j’ai ete finalement contactee et j’ai rencontre les Editions du Mont a un festival ayant pour theme la montagne. Comme je devais alors leur montrer d’autres dessins, j’ai fais un tri et j’ai embarque sous le bras notamment celui dont je vous ai parle a l’instant. « Le grand chef » a aime le cote decale du personnage et je suis repartie avec une « mission » : construire un scenario avec ce personnage et faire des essais, des croquis, a presenter un mois plus tard environ.
B - Alors, vous avez montre des essais concluants ?
C.M - Le scenario etait boucle. Il etait simple et drole, c’etait l’essentiel. Les dessins que j’ai proposes et les etudes des autres personnages (tonton Robert, Joni) ont plu egalement. Bref, j’avais un an pour realiser la BD.
B – Vous avez tout fait ?
C.M - Texte, dessins et aussi mise en couleur, oui. J’ai realise la mise en couleur directe, sur la planche, a l’acrylique, en privilegiant les couleurs tres vives. Le resultat apres l’impression est un peu plus terne mais rend assez bien l’ambiance que je recherchais.
B – C’est beaucoup de travail ?
C.M - Oui ! Mais je dois avouer que mon dada reste le scenario et le dessin. A l’avenir je collaborerais certainement avec un ou une coloriste (j’ai rencontre deux personnes qui, dans un style different, l’une par ordinateur, l’autre armee de pinceaux, semblaient prete pour une telle aventure). Cela me libererait et je pourrais travailler et repenser au maximum mes cadrages. C’est le point essentiel, je m’en suis rendu compte tout au long de l’album.
B – C’est donc aussi un album d’etude, une sorte d’essais alors ?
C.M - Tout a fait ! Cet album est a des annees lumieres de la perfection, c’est un album d’etude comme tu le dis. Ce qui le rend tres interessant, puisqu’il vit et evolue au fur et à mesure des pages qui se tournent ! Quoi de mieux comme ecole que le passage a l’acte ? J’ai considerablement appris mais il me reste encore beaucoup de choses...
B – Pas trop dur le contact avec des grosses pointures de la BD ?
C.M – Jusqu’a maintenant, les contacts ont ete peu nombreux... Et je dois bien l’avouer un peu froids ! Tout en restant simples, le grand scenariste reconnu ou le grand dessinateur reconnu, qui ont le droit d’avoir leur tete dans les magasines specialises, non seulement ils intimident, mais ils restent aussi dans une sorte de bulle. Vous, jeune dessinatrice (et oui, il y a peu de femme quand meme) vous etes totalement « out » ! Vous ne connaissez pas le millieme de ce que eux connaissent et donc vous ne comprenez pas le dixieme de ce qu’ils vous racontent, quand ils le veulent bien ! Rien de plus angoissant que de passer une journee en dedicaces ou votre voisin attire les foules et ou vous, a cote, vous gribouillez dans votre coin et ne constituez qu’un passe temps visuel pour les gens qui font la queue pour l’autre ! Et quand le sort s’en mele et qu’une dame vous demande devant tout le monde carrement si c’est vous qui faites les paquets cadeaux (veridique !), la vous sombrez en plein cauchemar burlesque ! Mais il vaut mieux en rire qu’en pleurer !
B – De la colere ?
C.M – Pas vis a vis des grands auteurs, ils sont a part et tant mieux pour eux : ils sont passes du cote de la lumiere et on en reste change je crois. D’autant que certains sont tres sympas quand meme, il ne faut jamais generaliser ! Il est vrai qu’on ne reste pas dans le monde de la BD intact : il faut savoir chasser le reve et penser et parler en terme d’impact, de pub, de distributeur et de marketing. A part les « grosses machines » ou les « gros editeurs » (qui sont parfois de qualite, je ne sous-entends pas le contraire), le monde de la BD ne va pas si bien que ca... Et quand certains auteurs reconnus, eux memes, s’exprimant dans un mensuel qui se veut exhaustif, disent que trop de nouveautes et d’apprentis qui se lancent tuent la BD par la trop grande diversite des publications, ca ne peut que nous laisser pensifs ! Que des BD ne marchent pas, c’est normal (certains grands personnages n’ont pas cartonne d’ailleurs tout de suite), mais l’echec ne doit pas induire le mepris et l’irrespect de son auteur, connu ou inconnu: une BD ca demande un travail considerable, qu’on oublie totalement. C’est le monde d’aujourd’hui : on est conditionne pour repondre a des stimuli, pour porter son regard sur ce qui a ete vu dans des sources reconnues (grandes chaines tele, commerciales, de publication...) Beaucoup de personnes demandaient en magasin « la BD de Laurent Gerra » sans savoir qu’il s’agissait de l’histoire d’un coboy solitaire et que le dessinateur n’etait pas imitateur sur petit ecran... Y’en a qui ont de la chance : apres leur tout premier scenario de BD en total autodidacte, ils se retrouvent jury a Angouleme. Pour le moment, moi, je pense surtout a mon apprentissage personnel et fais tout pour que mes personnages aient droit a un avenir, le reste n’est pas encore d’actualite !
Cafe de l’Horloge, 06 Mai 2005